LE BON VIEUX TEMPS, OU LE REVE ECOLO
Fredelas pour euro-reconquista.com
lundi 27 juin 2011, par

Un petit rappel historique à l’intention des Cécile Duflot, Hulot, Voynet, Mamere, Joly..
Les années 1945 à 1954, en France, sont du plus haut intérêt : une période rêvée pour réfléchir en profondeur au phénomène ’’écologiste’’ actuel.
On sortait de la WW2. On n’avait pas, loin sen faut, retrouvé le niveau de vie et de développement de la période 1900-1914. La vie quotidienne ne rapprochait nettement plus de celle des années 1850-1900 que de celle d’aujourdhui.
Les seuls progrès notables étaient la lente arrivée de l’électricité, l’utilisation commençante de certains vaccins et de la pénicilline, la lente amélioration des distributions d’eau courante dans les habitations, les prémisses de la montée en puissance de l’automobile. On commençait à panser les plaies de la déforestation dramatique des années 1700-1850.
Pour le reste, on vivait dans une parfaite orthodoxie selon les canons de nos chers écolos : les tracteurs n’étaient pas encore arrivés en masse dans les campagnes ; les émissions de CO2 étaient cinq fois moindres que de nos jours. La traction animale vivait ses derniers beaux jours : le maréchal-ferrant de mon quartier, dans ma bonne ville de P......, ferrait encore dans les six cents chevaux par an ! les engrais restaient marginaux par rapport au fumier. Deux millions de véhicules à moteur sillonnaient nos 600 000 km de routes, contre 30 millions aujourd’hui. C’est vrai, on se baignait dans beaucoup de nos rivières, nous reviendrons plus loin là-dessus. Tous les voyants étaient au vert pour qu’on vive concrètement le rêve écolo de l’Age d’Or et du Bon Vieux Temps.
Nous allons nous replonger pour de bon dans cette époque, et nous pourrons comparer le rêve à la réalité. Pour cela, j’ai mieux qu’un film d’archive : le disque dur de ma mémoire. Je suis né au tout début de la WW2, et mes souvenirs conscients remontent presque à ma naissance (ce qui n’est pas si rare). Mon disque dur personnel me permet, à volonté, de revivre presque tout à l’identique, autant de fois que je le désire.
Le paysage quotidien en ville : partout, les stigmates de 1914-18 et 39-45 : des infirmes lourds à tous les coins de rue ; amputés au niveau de l’aine, amputés d’un bras, paraplégiques en chaise roulante, boîteux, anciens gazés condamnés à vivre dans un corset métallique des épaules au nombril. De tous âges. Un observateur attentif aurait décelé d’autres réjouissances ne devant rien à la guerre ; par exemple, entre 2 et 3 pour cent de la population présentait le caractéristique faciès de l’hérédosyphilis (prognathisme bien reconnaissable). Les idiots profonds n’étaient pas rares, produits d’un alcoolisme national alors champion du monde (27 litres d’alcool pur absorbés chaque année en moyenne en comptant femmes, enfants, personnes âgées et tout et tout, ce qui signifiait qu’en moyenne, les personnes qui buvaient vraiment absorbaient environ 50 litres d’alcool pur par an).
A l’Ecole communale, à peu près la moitié de mes camarades étaient orphelins de père ou de mère. Les pouvoirs publics déployaient des efforts admirables pour relever la santé publique : on nous astreignait à une visite médicale trimestrielle approfondie (on passait la journée entière au dispensaire). Chaque fois, ces visites révélaient des cas de tuberculose pulmonaire avérée (ayant dépassé le stade primo-infection). Dans ma classe, ce sont ainsi, chaque année, au moins cinq de mes camarades qui nous quittaient pour le sanatorium (on disait ’’sana’’). La tuberculose était partout : les sanas étaient pleins ras bord, mais en outre, dans chaque hôpital, un pavillon spécial pour tuberculeux était lui aussi plein à craquer. Ceux qui en sortaient, sauf exception, mouraient prématurément. On ne disait pas ’’il est mort de la tuberculose’’ mais ’’il est mort d’une caverne au poumon’’. Après chaque visite trimestrielle au dispensaire, on avait généralement trois jours pleins de congés car l’école était passée entièrement au crésyl, suite aux tuberculoses décelées. Nos apprenions les causes de la tuberculose dans nos ’’leçons de choses’’ : alcoolisme+surmenage+taudis étaient le cocktail explosif habituel. On le vérifiait au millimètre : presque tous ces nouveaux cas frappaient des enfants qui vivaient dans le quartier terriblement insalubre de notre bonne ville de P......
nommé ’’le Pont-Neuf’’.
Le paysage quotidien à la campagne : dur labeur des agriculteurs, sans tracteur. Labourer avec une paire de boeufs ou avec un solide cheval de trait n’est pas une partie de plaisir ! un mois pour un champ assez plat de deux hectares (aujourd’hui : entre une et deux heures, selon la topographie et le terrain). Et il faut le tenir, le brabant ! l’agriculteur indépendant, sans main-d’oeuvre permanente, était un esclave perpétuel : dix, douze hectares étaient le grand maximum qu’il pouvait exploiter, en travaillant 60 heures par semaine 365 jours par an. Aussi l’espérance de vie dans ce métier n’était pas formidable, beaucoup mouraient à la tâche, souvent sans trop savoir de quoi exactement.
Malgré les efforts remarquables sous Tardieu dans les années 1926-1932, l’électrification et l’alimentation en eau courante des campagnes s’étendaient très, trop lentement. La lampe à pétrole, à la lumière d’une douceur incomparable, restait la règle. L’eau de consommation était donnée trop souvent par un puits, pendant que les petits et moyens animaux de ferme (cochons, volailles....) gambadaient tout autour à l’année. Les ’’effluents’’ des bovins, équidés et des humains finissaient au tas de fumier, pas bien loin du puits....aussi les cas de typhoïde n’étaient pas rares.....
Mais la vraie calamité, à la campagne, était la tuberculose bovine. On savait, depuis Pasteur et ses disciples, qu’elle est longtemps silencieuse, et qu’elle passe à l’homme par le lait non stérilisé (stériliser, voilà qui n’est pas dans les canons écolos). Combien de personnes ont-elles été ainsi contaminées par le lait de vache, sans recours possible contre qui que ce soit ? des dizaines de milliers au moins ! aussi les pouvoirs publics de l’époque ont-ils pris le problème à bras-le-corps : un gigantesque plan d’éradication de la tuberculose bovine fut mis en place et appliqué sans faiblir pendant plus de quinze ans. Des vétérinaires commis et rémunérés par l’Etat ont visité la totalité des cinq millions d’exploitations agricoles françaises entre 1948 et 1972 (il n’en restait que trois millions en 1979 et seulement 700000 de nos jours). Chaque ferme déclarée atteinte de tuberculose bovine se voyait frappée d’interdit : animaux abattus, ferme désinfectée de A à Z sans pitié, indemnisation ascétique de l’exploitant. La plupart du temps, l’exploitant se voyait réduit à changer de métier. Le résultat fut à la hauteur de cette énergie : la tuberculose bovine, de nos jours, n’est plus qu’un mauvais souvenir....et le lait non écologiste que nous consommons, bouilli ou non, ne nous passe plus le gentil BK depuis belle lurette !
A côté de cette pathologie de première grandeur, il sévissait à la campagne quelques autres joyeusetés auxquelles les paysans et les consommateurs de leurs produits ’’naturels’’ payaient un tribut annuel tristounet :
citons la fièvre de Malte (brucellose ovine), la trichine et le taenia du porc, les pathologies causées par la grande et la petite douve ovine et bovine (aujourd’hui traitées avec 100 pour 100 de succès chimiquement, donc de façon non écologique), la myxomatose qui sinistra la cuniculture française entre 1953 et 1960....Dans ce bon vieux temps, on ne vous déconseillait pas la consommation pour si peu ! on vous conseillait tout simplement de consommer la viande de porc ou de mouton ’’bien cuite’’, de façon à tuer les trichines, taenias et autres douves pour le cas où la viande en aurait été infestée. La fièvre de Malte ne vous tuait pas mais elle faisait de vous, à partir de soixante cinq ans, un vieillard impotent...
De nos jours, avec nos règlements non écologiques et les pesticides, la trichinose porcine a disparu. Un seul porc atteint décelé après abattage sur votre élevage, et les services sanitaires vous tombent dessus, tout votre élevage à refaire, vous ne vendez rien pendant au moins une année et avant de repartir, vous subissez de multiples contrôles....
FIN DU CHAPITRE I
Dans le prochain chapitre, nous découvrirons, entre autres, l’état sanitaire de la population humaine française de ces années 1945-1950.
